Regard de Sagesse sur le temps présent

Lorsque la sagesse initiatique pose un regard équitable et apaisant sur les incertitudes de notre époque…

Jour après jour, le lecteur des médias regarde ce que les autres personnes dans le monde pensent, souhaitent et font. Cela peut l’aider par affinité ou capillarité à se choisir une pensée, une ligne de conduite, une action. Mais parfois l’actualité est si complexe et mêlée qu’on se sent tiraillé, on peine à distinguer l’image de l’humain à travers les éclats de ce miroir brisé. Poser un « regard de sagesse » sur l’actualité, c’est partir d’une conception du monde très unifiée comme peut l’être la pensée d’un maître spirituel : voir comment s’appliquent les lois de cause à conséquence ; ne s’étonner ni du meilleur ni du pire ; garder une très haute idée des possibilités humaines. Et, si on se permet de proposer une issue aux problèmes, c’est toujours avec douceur, humilité, compassion, équité, impartialité.

13 septembre 2021
Une tradition initiatique raconte que Lucifer était le plus grand des archanges. Dans sa puissance, il commença à se croire l’égal de Dieu et voulut même Le détrôner. Bien sûr c’est encore ça, l’orgueil : se croire l’égal d’un être qui nous dépasse et vouloir le remplacer. Alors, voyant cela, un autre archange se leva et s’écria : « Qui est comme Dieu ? » En hébreu : Mi ? (qui ?) – Ka (comme) – El (Dieu). Alors le Seigneur, qui regardait la scène, lui dit : « Désormais on t’appellera Mikaël et tu seras le chef de la milice céleste. »
Si l’orgueil a pu faire tomber le plus grand des archanges qui a entraîné d’autres anges dans sa chute, à plus forte raison peut-il faire tomber des sages, des initiés.
…Si vous voulez voir une des manifestations de l’orgueil dans le monde, écoutez parler des scientifiques, des philosophes, des artistes, des hommes politiques quand ils présentent leurs idées, leur point de vue, leur credo : tous sont convaincus d’être les seuls à avoir raison, à penser juste, et certains sont prêts à se massacrer les uns les autres pour faire triompher leurs convictions.
Tant que les humains s’imaginent que leurs points de vue sont les meilleurs et se prononcent sur tout d’une façon définitive, ils ne feront que commettre des erreurs. Cette attitude-là est le contraire d’une attitude intelligente. La véritable intelligence, c’est l’humilité, c’est-à-dire reconnaître qu’il existe au-dessus de nous des êtres qui nous dépassent et qui peuvent comprendre les choses de façon plus claire, plus pure, plus divine. Seul un abruti peut penser que sa façon de voir est absolue. Un être intelligent dira : « Voilà, pour le moment je pense ainsi, je sens ainsi, je comprends ainsi. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’autres êtres capables de m’instruire, de m’aider. J’irai les chercher. »
Voici donc une méthode qui peut nous aider à résister à l’orgueil : demander sans cesse l’opinion du monde divin. Chaque jour habituez-vous à regarder vers le haut et dites : « Voilà ce que je pense sur tel sujet, sur telle personne : est-ce que j’ai raison ? Je vous en prie, éclairez-moi. » À ce moment-là, vous ne pouvez plus être orgueilleux, mais vous êtes sur le bon chemin.
Ne pensez jamais que vous avez atteint la perfection, non : vous marchez seulement sur le chemin de la perfection.
Œuvres Complètes, tome XXXI, chap. VI (II)
7 septembre 2021
Pour le moment les gens, bousculés par des courants nouveaux, ne savent pas très bien comment s’orienter.
Mais plus tard, les penseurs, les écrivains… le monde entier sera amené à se pencher sur la structure de l’être humain, et ils comprendront que les humains ne seront jamais dans la plénitude tant qu’ils n’auront pas appris à satisfaire les besoins de l’âme et de l’esprit.
Pourquoi ces désordres actuels ? Pourquoi ce vide et ce mécontentement ? Les gens possèdent tellement de choses ! mais ils sont toujours insatisfaits.
L’explication est simple : l’être humain ne se connaît pas. Vous direz : « Ce n’est que cela ? » Oui, mais tout est là. Les humains se conduisent comme s’ils n’étaient que matière, comme s’ils n’étaient que ventre et sexe : ils ne cherchent à satisfaire que ces deux-là.
Mais voilà qu’il y a aussi en eux une âme et un esprit, une étincelle, quelque chose d’une autre nature, d’une autre dimension, d’une autre intensité, d’une autre vibration… quelque chose de divin dont il faut sonder les désirs, comprendre les besoins.
L’âme a d’autres besoins que le corps physique et on veut lui faire manger une nourriture qu’elle ne peut pas assimiler. Jamais on ne lui donne ce qu’elle demande. L’âme demande l’espace infini, la lumière éblouissante, elle demande l’harmonie, la musique céleste… mais on lui donne toujours une nourriture matérielle, c’est pourquoi elle somnole, elle soupire, elle étouffe, elle meurt.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Œuvres Complètes, t. XXVI, chap. V (conférence du 21.01.1968)
4 septembre 2021
Dans les conversations courantes, mais aussi dans les discours publics, à la radio, à la télévision, lorsqu’on écoute les réactions des gens, on est frappé par le fait que même s’ils expriment des convictions – qui peuvent varier d’ailleurs suivant les circonstances – ils ne possèdent pas réellement de certitudes.
Ils ont bien des idées philosophiques, religieuses, scientifiques, politiques, artistiques, mais on dirait que quelque chose leur manque pour sentir qu’ils avancent sur un terrain sûr. Pourquoi ?
Pendant des siècles, des millénaires même, les sciences et les techniques n’ont progressé que très lentement. […] Or, avec le temps, le rythme des découvertes s’est accéléré. Et avec ces découvertes un doute a commencé à s’insinuer. Au cours du vingtième siècle particulièrement, dans le domaine scientifique tellement de certitudes se sont effondrées ! En physique, en astronomie, en biologie, on a eu l’impression que chaque génération venait remettre en question les acquis de la précédente.
Ces nouvelles théories, qui modifient profondément la conception de l’homme et de l’univers, modifient aussi chaque fois l’image du Dieu créateur de l’homme et de l’univers.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Izvor n° 239 « L’amour plus grand que la foi », chap. 1
28 août 2021
J’ai reçu il y a quelques jours la visite d’une personne qui voulait me parler de ses problèmes. Je l’ai écoutée, puis je lui ai dit :
– D’après ce que vous me racontez, madame, je comprends que vous êtes bien portante, instruite, riche, vous n’avez pas de soucis, et surtout vous êtes libre pour pouvoir vous consacrer à ce que vous aimez. Mais au lieu d’être heureuse, vous êtes toujours triste et déprimée.
– Oui, c’est parce que je ne sais pas ce que me réserve l’avenir et ça m’angoisse !
Vous voyez, on pense à l’avenir et comme on ne sait pas ce qu’il sera, on a toutes les possibilités d’imaginer les pires choses. Beaucoup de personnes se rendent elles-mêmes malheureuses, elles ne voient pas leurs richesses, leurs possibilités, leur liberté. Ça ne leur dit rien, cette liberté, ça les ennuie : au lieu de l’utiliser intelligemment, elles occupent leur temps libre à s’inquiéter de l’avenir.
Mais l’avenir est fait de ce qu’on est déjà en train de construire dans le présent. Donc, c’est « maintenant » qui compte. L’avenir sera édifié sur les fondations que vous posez maintenant.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Izvor n° 211 « La liberté, victoire de l’esprit », chap. III
19 août 2021
Évidemment l’existence est une longue route qui réserve des surprises et comporte des dangers, mais ce n’est pas une raison pour vivre continuellement dans la peur.
Il existe une loi d’après laquelle plus on a peur de quelque chose, plus on l’attire. Donc si vous ne voulez pas attirer des malheurs sur vous, ne les imaginez pas, ne les craignez pas !
Bien sûr vous devez réfléchir, prendre des précautions, et surtout vous renforcer, mais ne laissez pas la peur s’installer en vous.
Combien de gens sont à la merci de leurs peurs, sans se rendre compte qu’elles sont le résultat d’un manque de connaissance, d’un manque de lumière ! La preuve, quand on se trouve dans un endroit obscur, on ne se sent pas tranquille jusqu’au moment où on allume une lumière.
L’obscurité, c’est-à-dire l’ignorance, vous fait courir tous les dangers et c’est pourquoi vous avez peur. Mais projetez la lumière, c’est-à-dire armez-vous des vérités nécessaires pour affronter les situations, et votre peur disparaîtra.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Œuvres Complètes, t. 19 « Zémia, la terre », 19 août
11 août 2021
Il paraît que certains chercheurs ont fait une expérience très intéressante sur le comportement des abeilles : ils ont posé au milieu d’une ruche une planche qui la divisait en deux, et ils ont constaté que les abeilles, jusque-là très pacifiques, commençaient d’un compartiment à l’autre à se manifester de l’hostilité, puis en venaient même à se battre et à s’exterminer.
Une simple planche avait réussi à faire d’elles des ennemies mortelles.
Ensuite, ces expérimentateurs ont percé de petits trous dans la planche : l’agressivité des abeilles a diminué, et quand ils ont élargi ces trous, les abeilles, qui pouvaient de nouveau communiquer, sont redevenues paisibles et amicales.
Je ne sais pas quelles conclusions ces chercheurs ont tirées d’une telle expérience, mais ma conclusion à moi – celle de la science initiatique -, c’est qu’il suffit d’une idée, l’idée de séparativité et de division pour pousser les pays vers l’hostilité, la haine, la guerre.
C’est cela, la planche qui divise les humains !
Les Initiés savent depuis des milliers d’années que c’est l’esprit de division qui apporte tous les malheurs. Ils n’ont pas attendu les conclusions de la science avant de proclamer que tous les humains doivent se tendre la main et réaliser l’unité.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Œuvres Complètes, tome 29, chap. VII, IV
3 août 2021
Plusieurs fois par jour, fermez les yeux, dégagez votre pensée des soucis quotidiens et dirigez-la vers les sommets, vers les sources de la vie qui abreuvent tout l’univers. Quand vous sentez que vous avez arrêté le flot de pensées et d’images qui vous traversent, prononcez intérieurement le mot « merci ». Voilà le mot le plus simple, mais qui dénoue toutes les tensions… Vous sentirez que des éléments nouveaux et très précieux se sont introduits en vous : la sérénité, la lucidité, la force.
Et comme la respiration est aussi un facteur d’apaisement et d’harmonisation très important, en prononçant le mot merci, tâchez d’avoir une respiration régulière : aspirez l’air très profondément et expirez très lentement jusqu’à ce qu’il n’en reste plus dans les poumons. Plusieurs fois par jour, habituez-vous à rétablir le silence en vous. Même si vous ne pouvez y consacrer qu’une ou deux minutes, c’est bien, faites-le.
…Ainsi vous neutraliserez tous les courants négatifs. Mais si vous vous laissez démagnétiser et empoisonner, cela prépare le terrain à tous les troubles physiques et psychiques : lentement mais sûrement, vous perdez votre équilibre, vos forces, et c’est la meilleure façon de tomber malade.
Car ne vous faites pas d’illusions, quels que soient les remèdes qu’apporte la science, il y aura toujours des virus et des microbes, l’air sera toujours pollué et la nourriture plus ou moins trafiquée, de terribles tensions psychiques continueront à régner dans le monde, et si vous ne prenez pas de précautions, si vous ne vous liez pas à l’harmonie et à la lumière, peu à peu votre terrain va se miner et un jour vous succomberez.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Izvor n° 229 « La voie du silence », chap. II
30 juillet 2021
Celui qui accepte les difficultés et les épreuves libère les puissances de son âme et de son esprit, et après quelque temps, il se rend compte qu’elles ont suscité en lui quelque chose de magnifique.
C’est cela, le véritable travail alchimique : arriver à tirer de la matière brute, noire, de la souffrance, une matière précieuse, chatoyante, irisée, resplendissant de mille couleurs.
Ceux qui ne savent pas souffrir restent très pauvres : lorsqu’ils veulent s’exprimer, ils n’ont pas de matériaux, ils ne connaissent rien de cette vie de l’âme et de l’esprit, de son immensité, de ses profondeurs, de ses sommets, et c’est pourquoi ils ne peuvent pas être créateurs.
Les véritables créateurs, tous ceux qui dans leur domaine ont réalisé de grandes choses, avaient beaucoup souffert : comme si leurs souffrances étaient une encre noire où ils ont pu tremper leur plume afin d’en extraire une œuvre formidable d’intelligence et de beauté. Les expériences, les souffrances par lesquelles ils étaient passés, toute cette gamme de sentiments, de sensations, d’émotions, c’était cela les couleurs dont ils ont pu se servir pour produire des chefs d’œuvre ou des actions sublimes, dont tous ont pu bénéficier et dont nous bénéficions encore.
Omraam Mikhaël Aïvanhov,
Izvor n° 239, chap. VII « Conserver sa foi dans le bien »
23 juillet 2021
Au cours des siècles, les humains sont parvenus à s’imposer de plus en plus à la nature. Ils pensent même que c’est leur rôle en ce monde, et ils appellent cela progrès, culture, civilisation. Mais maintenant qu’ils ont perturbé les climats, pollué la terre, le ciel et les mers, saccagé la faune et la flore, peuvent-ils être fiers d’eux-mêmes et se prétendre des créatures « cultivées et civilisées » ?
Bien sûr, la nature est patiente, très patiente, mais quand elle sent que les humains s’obstinent à troubler l’ordre qui la régit, elle riposte. Et ces ripostes, ils doivent les subir non seulement dans leur milieu ambiant, mais aussi en eux-mêmes. Ils croient pouvoir se livrer impunément à toutes sortes d’abus, sans prévoir que les mêmes désordres qu’ils créent dans la nature, ils les créent aussi dans leur corps physique et dans leur psychisme.
Et s’ils ne peuvent pas s’accorder entre eux, c’est aussi parce qu’ils ne respectent pas l’ordre des choses que le Créateur a établi dans la nature et en eux-mêmes.
Celui qui a appris à s’accorder avec l’ordre voulu par le Créateur ne s’impose pas à la nature, et il ne s’impose pas non plus aux humains, il ne pèse pas sur eux, il ne cherche pas à les gagner pour son avantage personnel. Et surtout, par son comportement, par la maîtrise de son monde intérieur, il s’efforce de contribuer à leur épanouissement, à leur libération.

 

Omraam Mikhaël Aïvanhov
Izvor, n° 242 « Aux sources inaltérables de la joie » (2006), chap. X
18 juillet 2021
Dès aujourd’hui commencez un travail : considérez toutes les difficultés et les souffrances qui se présentent à vous comme une matière à utiliser pour vous développer et devenir forts.
Vous êtes faibles ?… Les faibles sont toujours la proie de quelque mal qui vient les assaillir.
Donc, au lieu de vous laisser submerger par les difficultés, ou d’aller chercher des solutions à l’extérieur, pensez aux lampes : allumez toutes vos lampes !
– « Mais, direz-vous, c’est quoi ces lampes ? où sont-elles ? »
Ce sont des lampes intérieures que Dieu a préparées en nous depuis l’origine des temps. Toutes sortes de lampes, des grandes, des petites, de toutes les couleurs…
Et il y a aussi un courant électrique qui circule pour les éclairer et qui vient de très loin : de la centrale électrique cosmique.
Jamais on ne pense à allumer ces lampes.
_ « Et comment les allume-t-on ? »
C’est très simple. Dans le monde physique il suffit d’appuyer sur un bouton, de tourner un commutateur. Dans le monde psychique, la pensée seule suffit à les allumer : pensez que vous les allumez, aussitôt elles s’allument.
Dès que certaines lampes seront allumées, ne vous arrêtez pas, continuez, d’autres encore s’éclaireront, et à la fin ce sera une illumination fantastique !
Omraam Mikhaël Aïvanhov, Œuvres Complètes, t. XXVIII, chap. VI, 3