
C’est une expérience que vous avez certainement faite au moins une fois dans votre existence : vous écoutiez un ami ou un inconnu vous parler de lui, de ses interrogations, de ses chagrins, de ses espoirs … Vous étiez attentif, vous le suiviez dans son récit en éprouvant, suivant le cas, de la sympathie, de l’étonnement, de l’inquiétude, de la compassion, de l’émerveillement ; mais ce qu’il disait restait tout de même extérieur à vous. Et puis soudain, vous avez eu la sensation que vous étiez en lui, ou lui en vous, et à ce moment-là vous avez su que vous le compreniez, que vous le connaissiez réellement.
Ce sont en général des expériences qui se font involontairement. Mais puisqu’elles sont possibles, nous pouvons les faire volontairement, comme exercices d’identification. Identification avec des êtres que nous aimons, que nous admirons, mais aussi avec certains phénomènes de la nature, une rivière, une cascade, une source, une étoile, le ciel bleu, et même le soleil. Oui, contempler le soleil et pouvoir entrer en lui en imaginant que nous sommes le soleil lui-même… vous ne savez pas encore quelles transformations vous préparez en vous lorsque vous introduisez dans votre cœur, dans votre âme, les vibrations du soleil, ses énergies, sa vie.
Si nous pouvons nous identifier ainsi aux êtres et aux choses, c’est qu’en réalité nous sommes bien davantage que ce que nous paraissons. En tant qu’individu nous sommes tel ou tel, avec une certaine apparence physique, une identité, un nom, etc. Mais par notre âme et notre esprit nous allons bien au-delà, nous sommes l’univers entier, nous sommes tous les êtres.
…
Qu’y a-t-il de plus important pour les humains que de savoir ce qu’ils sont réellement ? Et ils peuvent le savoir en s’identifiant à leur moi supérieur : la divinité en eux. Ce travail d’identification, les grands maîtres de l’Inde l’ont résumé dans la formule « Moi, c’est Lui ».
Collection Synopsis 3, partie VI, 4
Il est dit qu'un jour Dieu viendra habiter dans le cœur des hommes, qu'Il y inscrira sa loi, qui est la loi d'amour. À ce moment-là, ils n'auront plus besoin de qui que ce soit pour les prêcher sur la religion ou la morale. Tous sauront intérieurement ce qu'ils doivent faire, comment servir, comment travailler. Tant qu'il n'y a pas d'amour, il y aura des religions qui ne pourront jamais amener les humains vers Dieu.
Mais quand le véritable amour viendra, il n'y aura plus de religion, ou plutôt la religion deviendra intérieure et se manifestera sous forme de bonté, de rayonnement, de sacrifice, de douceur, de lumière. C'est parce que l'amour a quitté l'humanité qu'on a dû instaurer la religion pour y suppléer. Mais quand l'amour reviendra, la religion s'effacera, parce que de nouveau elle sera entrée dans le cœur de l'homme.
Collection Sila, Paroles d'espérance, p. 15
Aujourd’hui commence une nouvelle année. Et comme les douze premiers jours d’une année sont en relation avec les douze mois à venir, efforcez-vous de les vivre le mieux possible afin de donner à toute l’année un fondement solide. Dites-vous qu’aucune de vos pensées, aucun de vos sentiments et de vos désirs ne reste sans conséquence : ce sont comme des graines que vous semez dans la terre de votre âme, et ces graines germeront. Il est dans la vocation de la terre de favoriser la croissance des graines. Une fois qu’elles ont été semées, elle les nourrit, et l’eau, l’air, la lumière du soleil contribuent aussi à leur développement. Alors, attention : celui qui par négligence ou mauvaise volonté sème des orties, des chardons dans sa terre intérieure, ne doit pas s’attendre à voir pousser du blé.
En ce premier jour de l’année, les graines que vous semez peuvent aussi être des mots comme « joie », « lumière », « paix », « amour », « espérance »… Pénétrez-vous bien de leur sens et enfouissez-les dans les profondeurs de votre âme. Veillez sur eux et vous sentirez comment ils feront peu à peu tout un travail de germination en vous. Ainsi, tout au long de l’année vous vivrez parmi des champs fertiles et des jardins fleuris.

On se trompe lorsqu’on s’imagine se débarrasser d’un criminel en le tuant. Car, une fois mort, il va* dans le plan astral et dans le plan mental inférieur, d’où il augmente le mal. Il veut se venger, et ainsi, il fait encore plus de mal.
Car il se faufile dans les pensées des humains et il les pousse à commettre des crimes, afin de réaliser à travers eux ses projets malfaisants. Il a même plus de possibilités d’action qu’avant sa mort, puisqu’il n’est plus limité et peut agir au travers de nombreuses personnes.
Tant que le criminel est vivant, il reste enfermé dans son corps - un peu, si vous voulez, comme une odeur dans un bocal fermé. Mais dès qu’il est mort, il est libéré, il se répand et visite un grand nombre de cerveaux humains pour les influencer.
On ne devrait pas punir de mort les criminels à cause des conséquences qui en résultent dans le plan invisible. C’est à nous d’organiser les conditions de la vie pour qu’il n’y ait plus de malfaiteurs.
Œuvres Complètes, tome XXI (éd. 1977), 14 avril
*Ceci fait référence évidemment à l’immortalité de l’âme.
La tradition initiatique appelle plan « astral », dans le monde psychique collectif, le domaine des émotions, des passions.
Il y a des êtres qui, pour se sentir vivre, ont besoin d’explosions et d’incendies. Eh bien, ces êtres-là sont des primitifs, des barbares. D’ailleurs, on l’a vu tout au long de l’histoire, tous ceux qui ont incendié des villes et des campagnes, tous ceux qui ont allumé des bûchers et des fours crématoires étaient des barbares. Le besoin de brûler des objets ou des êtres est l’expression de la sauvagerie.
Vous direz que de tels actes sont tout de même assez rares. Dans le plan physique, peut-être, oui. Mais dans le plan astral, c’est-à-dire dans le domaine des sentiments, les humains, qui ne savent pas utiliser le feu, ne cessent d’allumer et d’alimenter le brasier des passions en eux-mêmes et chez les autres. Tous les êtres qui n’ont pas encore appris la manière correcte de se chauffer et de chauffer les autres, qui n’ont pas appris la manière correcte d’aimer, ne sont pas civilisés et commettent d’une façon ou d’une autre des actes de barbarie.
Pensées Quotidiennes 2006, 16 janvier
Il y a des êtres qui, pour se sentir vivre, ont besoin d’explosions et d’incendies. Eh bien, ces êtres-là sont des primitifs, des barbares. D’ailleurs, on l’a vu tout au long de l’histoire, tous ceux qui ont incendié des villes et des campagnes, tous ceux qui ont allumé des bûchers et des fours crématoires étaient des barbares. Le besoin de brûler des objets ou des êtres est l’expression de la sauvagerie.
Vous direz que de tels actes sont tout de même assez rares. Dans le plan physique, peut-être, oui. Mais dans le plan astral, c’est-à-dire dans le domaine des sentiments, les humains, qui ne savent pas utiliser le feu, ne cessent d’allumer et d’alimenter le brasier des passions en eux-mêmes et chez les autres. Tous les êtres qui n’ont pas encore appris la manière correcte de se chauffer et de chauffer les autres, qui n’ont pas appris la manière correcte d’aimer, ne sont pas civilisés et commettent d’une façon ou d’une autre des actes de barbarie.
La nature déploie devant nous ses innombrables richesses. Mais envers celui qui ne la respecte pas, qui ne pense qu’à la faire servir égoïstement à son propre usage, elle se ferme. Or c’est précisément l’attitude de la plupart des humains envers la terre, l’eau, l’air, le soleil… et même les autres planètes : car pensez-vous que les mobiles qui font partir l’homme à la conquête de l’espace soient désintéressés ?
Beaucoup diront que ça leur est égal que la nature se ferme à eux. Peut-être, mais s’ils continuent, elle ne se contentera pas de se fermer, elle va riposter. Et alors là, ils seront bien obligés de comprendre et de corriger leur attitude.
Cette attitude prouve leur manque d’intelligence, leur manque d’amour, leur manque de volonté.
Manque d’intelligence car ils refusent d’étudier les lois qui régissent la nature ; manque de cœur, car s’ils aimaient les êtres qui la peuplent, ils n’auraient pas la cruauté de les détruire ; manque de volonté, parce que pour leur plaisir, leur confort, leurs intérêts financiers, ils choisissent toujours la solution de facilité.
Eh bien, la nature leur donnera des leçons.
Œuvres Complètes, tome 22 (éd. 2006), 5 avril
La terre est vivante, elle respire… elle ne reste pas insensible aux activités des humains qui l’habitent : ils ne cessent de la bouleverser et de l’exploiter dans leur seul intérêt, ils la retournent, la fouillent, la creusent ou l’aplanissent, sans jamais se demander s’ils ne sont pas en train de déranger un ordre qu’ils ne comprennent pas. La terre ressent tout cela comme des démangeaisons, des piqûres, des blessures, et alors de temps à autre elle donne une chiquenaude pour se débarrasser de ces importuns.
Les humains doivent prendre conscience qu’ils vivent sur la peau de la terre, qui les supporte. Elle supporte leurs agissements quelques minutes… c’est-à-dire, à son échelle, quelques milliers d’années. Mais à la fin elle se fâche. Alors, ils sont terrifiés, ils souffrent. Mais accepteront-ils d’apprendre la leçon ?
Œuvres Complètes, tome 20 (éd. 2008), 2 mai
Le malheur des humains, c’est qu’ils ont toujours peur de perdre quelque chose, alors ils se recroquevillent, ils se ferment. Ils ne comprennent pas que c’est justement cette attitude fermée qui les appauvrit.
Pour s’enrichir, il faut donner.
Oui, celui qui prend s’appauvrit et celui qui donne s’enrichit. Car donner, c’est éveiller en soi des forces inconnues qui sommeillaient, qui stagnaient quelque part dans les profondeurs. Elles commencent à jaillir, à circuler, et on se sent tellement rempli qu’on est étonné, on se dit : « Mais comment ça se fait ? J’ai donné, donné et je suis plus riche… » Eh bien, c’est ça la nouvelle vie !
On entend dire partout : « Il faut changer la vie, il faut changer la société ». Mais comment voulez-vous créer une société nouvelle tant qu’on gardera cette vieille mentalité, de prendre, prendre, toujours prendre sans jamais rien donner !
Brochure n° 3 (1994), Le devoir d’être heureux
Les fanatiques sont, au fond, des mécréants : s’ils ne respectent pas la foi des autres, c’est parce qu’eux-mêmes n’ont pas compris sur quels principes ils doivent fonder la leur. Cela me rappelle un épisode de ma jeunesse, en Bulgarie.*
Aussi souvent que je le pouvais, je faisais l’ascension du mont Moussala. Un jour, en redescendant, soudain j’ai vu un homme s’avancer vers moi. À peine nous étions-nous salués qu’il sortit un livre de sa poche : c’était la Bible et il se mit à m’en lire des versets, qu’il commentait sur un ton agressif en me lançant des regards furieux. Il choisissait les passages où il est question de la colère divine et de châtiments. Entre temps, il m’avait dit qu’il était pasteur protestant.
… Je commençai par l’écouter patiemment. J’ai oublié ce qu’il me racontait, sauf qu’il s’agissait de la foi, du péché et de la damnation éternelle. Je me souviens surtout qu’il faisait très froid, car le Moussala a une altitude d’à peu près 3000 mètres. Au bout d’un moment, tout de même, fatigué de ces discours menaçants, je l’interrompis :
- « Monsieur le pasteur, je vous écoute… et puisque vous êtes pasteur, je peux vous dire que si vous aviez mieux lu les évangiles, vous ne seriez pas en train de jeter des foudres sur moi et sur tous les pauvres humains. Vous voulez me persuader qu’il n’existe rien au-dessus de la Bible et, au nom de votre foi, vous seriez prêt à lui sacrifier tout le genre humain. Eh bien, moi je vous assure que s’il fallait choisir entre la Bible et vous, je pourrais jeter ce livre, là dans le précipice, mais vous, qui êtes une Bible vivante, je ferais tout pour vous garder sain et sauf. »
Je ne peux pas vous décrire l’expression de stupeur qui est alors passée sur son visage. Evidemment, mes paroles le scandalisaient, mais elles ont quand même dû lui plaire, parce que son air s’est radouci. Il devait se dire : « Oh, voilà au moins quelqu’un qui m’apprécie vraiment puisque, entre la Bible et moi, c’est moi qu’il choisirait. »
Il venait d’apprendre qu’il était une Bible vivante.
Alors, comme je voyais qu’il tremblait de froid, et peut-être aussi un peu d’autre chose, après avoir rempli une tasse avec l’eau chaude de mon thermos, je la lui ai tendue : « Allons, maintenant buvez un peu. » Il a pris la tasse, il a commencé à boire. Il buvait… il me regardait… il buvait… il me regardait… Et moi aussi j’ai bu, et ça allait mieux !
Izvor n° 239 L’amour plus grand que la foi, chap. IX
*Le Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov a passé sa jeunesse en Bulgarie de 1900 à 1937, avant d’apporter en France l’enseignement de son Maître Peter Deunov.
Au cours de l’histoire, la religion a produit toutes sortes d’atrocités, et de plus, ceux qui les commettaient étaient persuadés d’avoir fait leur devoir : emprisonner, massacrer, dévaster, brûler des « hérétiques », des « infidèles » sans aucune considération d’humanité, c’était cela manifester leur foi.
Et même, certains étaient persuadés qu’ils agissaient ainsi par amour du prochain : en condamnant ces êtres au bûcher, ils leur épargnaient la damnation éternelle, les flammes de l’Enfer ! C’est extraordinaire les aberrations que le fanatisme a pu produire dans la tête de certains.
Et Dieu, évidemment, allait les récompenser !
Mais est-ce qu’ils Lui avaient demandé au préalable s’Il était d’accord pour qu’ils massacrent ses créatures ? C’est la première question que devraient se poser tous ceux qui, encore à notre époque, se proclament « combattants de la foi » et s’imaginent être les instruments de la volonté divine : Dieu les a-t-Il vraiment envoyés sur la terre pour massacrer leurs semblables en son nom ?
Izvor n° 239 L’amour plus que la foi, chap. IX
C’est vrai que nous vivons dans une société où l’on doit remanier beaucoup de choses*. Mais cela ne doit pas se faire par la violence. D’ailleurs on ne réussit jamais de véritables changements par la violence : c’est toujours pire après.
Alors, comment transformer la société ? Par notre façon de vivre. En nous changeant d’abord nous-mêmes, nous pouvons remuer le monde entier. C’est pourquoi ici, dans notre fraternité, nous travaillons pour pouvoir un jour donner l’exemple concret, réel, d’une société meilleure. Nous tâchons de former une poignée d’êtres décidés, conscients, un noyau formidable qui prouvera que toute l’humanité peut devenir une fraternité, une famille.
C’est sur nous-mêmes d’abord que nous devons travailler pour donner un exemple magnifique … et même pour nous imposer, si vous voulez, mais sans violence, nous imposer uniquement par la noblesse de caractère, la grandeur, la beauté, la lumière qui émaneront de nous.
Œuvres Complètes, tome XXV, Le Verseau, chap. 3 « La jeunesse et la révolution »
* Cette conférence date du 10 juillet 1968
Un écrivain danois* évoque les contacts que l’être humain peut avoir avec la nature. Il parle de « monde fermé » et de « monde ouvert », expliquant de quelle façon la nature s’ouvre aux êtres sensibles, innocents, en particulier aux enfants, alors que pour la plupart des gens elle reste fermée, car ils n’ont pas appris à recevoir les vibrations, les ondes des mondes subtils ; les arbres, les lacs, les rivières, les montagnes ne sont rien de plus pour eux que les éléments sans vie d’un décor, ils n’ont avec eux aucune communication.
Au contraire, ceux qui vivent dans le monde ouvert sentent que non seulement ils font partie de la nature, mais que toute la nature fait partie d’eux aussi. Lorsqu’ils touchent un rocher, un arbre, un animal ou toute autre créature, ils sont conscients d’exister dans ce rocher, dans cet arbre, dans cet animal, dans cette créature comme dans toute âme et dans tout être.
La nature nous parle, la création nous parle, mais comme elle ne parle pas avec des mots, les humains ne l’entendent pas. Pourtant lorsque le soleil se lève, ne sentent-ils pas que sa lumière, sa chaleur, sa beauté leur disent beaucoup de choses ?
Afin de devenir un livre vivant, ch. XV : «Toute la création me parle et je lui parle»
* Johannes Anker Larsen
Grâce aux progrès des sciences et des techniques, l’humanité a acquis un pouvoir considérable sur la matière, et dans ce sens on peut dire que notre siècle dépasse tous les autres.
Mais le monde matériel exerce maintenant une telle fascination sur nos contemporains, il a sur eux une telle emprise, qu’ils perdent de vue les réalités du monde spirituel. Seuls sont ouverts leurs yeux physiques, et ils cherchent partout de quoi satisfaire leur curiosité ou leurs convoitises. Leur œil intérieur, cet œil qu’ils possèdent dans les régions subtiles de leur être, est comme frappé d’aveuglement.
Une bonne vision des choses ne s’acquiert que par la pureté – comprenez par là : le désintéressement. Toute la destinée de l’homme dépend de la clarté de son œil intérieur, et cette clarté dépend de sa façon de vivre. Quand il commet une faute et transgresse les lois divines, sa vision spirituelle s’obscurcit, il n’est plus averti ni guidé, et il s’égare dans des voies sans issue.
Mais dès qu’il se décide à mener une existence droite, honnête, intègre, ses centres subtils commencent à fonctionner, et non seulement il voit, mais il vit dans la lumière.
Commentaires du Nouveau Testament, (à paraître) I, 57