Fêtes religieuses et traditions du monde

Vasanta Panchami

Cette importante fête hindoue célèbre Sarasvatī, déesse de la sagesse, de la connaissance, de l'éloquence et des arts, en particulier de la musique. Elle était aussi, à l'époque védique, la divinité des rivières. Cette fête a lieu le cinquième jour du mois lunaire de Magh dans le calendrier hindou et marque le début du printemps, « Vasant » signifiant la saison du printemps et « Panchami » le cinquième jour.

Sarasvatī est l'épouse, la « shakti » (énergie manifestée) de Brahmā, le dieu créateur dans la « trimūrti » (trinité) indienne, et leur union souligne la notion que la sagesse est une condition sine qua non de la création. Elle est la déesse de la connaissance et la maîtresse des arts. Les possessions matérielles ne l'intéressent pas, aussi est-elle habituellement représentée habillée d'un simple sari blanc et porte-t-elle peu de bijoux, par rapport aux normes indiennes. Parfois accompagnée d’un cygne ou d’un paon, assise dans une fleur de lotus, deux de ses quatre bras jouent de la vina, un autre tient un livre, les Védas, le dernier un chapelet ou un crochet à éléphant. Cependant, à l'instar de son époux Brahmā, elle est peu représentée dans les temples.

On attribue à Sarasvatī l'invention du sanskrit, la langue sacrée, et de l'écriture devanāgarī. Elle est évidemment une déesse vénérée parmi les écoliers et les étudiants. Il est de bon augure pour les études des enfants de leur faire apprendre leur premier mot ce jour-là : les prêtres leur font écrire le mot sacré « Aum » en signe de bon commencement. fêteElle est vénérée dans les maisons et dans les temples où des cahiers, livres, stylos et instruments de musique sont déposés en offrande. La couleur jaune est omniprésente ce jour-là notamment dans les habits des femmes et des enfants, cette couleur rappelant celle du safran ou de la moutarde qui pousse au printemps. Les enfants font voler dans le ciel de grands cerfs-volants multicolores.

SarasvatiOmraam Mikhaël Aïvanhov, Œuvres Complètes, tome 21(éd. 2006), 14 septembre

L’être humain ne devient véritablement puissant et libre que s’il parvient à vibrer en harmonie avec l’univers. Il commence à entendre cette symphonie de la nature entière où tout chante, les forêts, les rivières, les étoiles... C’est cette symphonie cosmique que l’on appelle la musique des sphères. Et pour entendre cette musique des sphères, il doit commencer par harmoniser tout son être, tous ses organes par un travail assidu, un travail en profondeur. Au moment où les moindres particules de son être vibreront à l’unisson, la symphonie de l’univers se révélera à lui.

Décoration de templeOmraam Mikhaël Aïvanhov, Collection Synopsis n° 3, partie II, 2

Dans la Bible, au livre des Proverbes, la Sagesse parle ainsi d’elle-même :
«  Lorsque l’Eternel disposa les cieux, j’étais là ; lorsqu’Il traça un cercle à la surface de l’abîme, lorsqu’Il fixa les nuages en haut et que les sources de l’abîme jaillirent avec force, lorsqu’Il donna une limite à la mer pour que les eaux ne franchissent pas les bords, lorsqu’Il posa les fondements de la terre, j’étais à l’œuvre auprès de Lui et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence. »
La sagesse est la vertu qui fixe des limites. Ce cercle que Dieu a tracé à la surface de l’abîme est évidemment symbolique. Il représente les limites nécessaires pour pouvoir commencer l’acte de création, car toute création suppose d’abord une limitation. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre que Dieu s’est limité. Se limiter signifie s’enfermer dans un univers qui fonctionne et évolue selon ses lois propres ; au dehors, au-delà de cet univers, on ne sait pas ce qui existe.
Les lois de la vie qu’étudie la science ne sont pas autre chose que les limites que Dieu s’est imposées dans sa création. Ce sont ces limites qui donnent structure, forme, contour et cohésion à la matière. Un monde qui ne serait pas circonscrit dans des limites serait instable et ne pourrait pas subsister, car à l’intérieur de ces limites toute la matière est en mouvement et ne demande qu’à s’échapper.
Dieu a donc tracé un cercle pour retenir sa propre substance. Au centre, il a placé le noyau de la Création, et son travail a commencé. À celui qui sait l’observer, la nature entière révèle comment Dieu a procédé pour créer le monde.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, Pensées Quotidiennes 2009, 12 septembre

Pour parvenir à la sagesse, il faut avoir traversé les plus grandes difficultés, les plus grandes épreuves. La sagesse d'un être parle de toutes les expériences qu'il a faites, de toutes les victoires qu'il a remportées sur le mal, et vous devez ressentir pour lui estime et admiration, parce qu'il a payé très cher pour l'acquérir.
Et s'il est véritablement un sage, vous lisez dans son attitude, dans son regard, la certitude qu'avec la foi, le travail et le temps, on triomphe de toutes les résistances. Même s'il porte sur son visage les marques laissées par la souffrance, ce qui domine, c'est la présence d'une lumière, quelque chose de profond, de secret qui rayonne, qui irradie.

 

"Les initiés, dans les temps anciens, ont-ils institué les fêtes seulement pour que les humains s’amusent ? Non, leur intention était d’abord d’introduire une pause, d’interrompre le rythme du travail qui, à cette époque, était continu, harassant, car on ignorait alors les vacances, les congés. Ces initiés voulaient délivrer, au moins pour un moment, la conscience de tant d’hommes et de femmes accablés par des tâches qui les usaient et détruisaient leur santé ; ils voulaient créer des soupapes qui libèrent leurs énergies psychiques comprimées. Les fêtes avec les chants, les danses, les jeux, les rires, les rencontres, permettent cette libération et elles créent aussi un climat fraternel par lequel chacun se sent porté, soutenu.
Mais avec ces fêtes, les initiés avaient encore un autre but : ils voulaient amener les humains à rechercher dans les régions plus subtiles des énergies pour régénérer et vivifier leur cœur et leur âme. Dans cette atmosphère d’échanges joyeux, bienfaisants, les entités lumineuses viennent puiser des énergies et elles s’en servent ensuite pour continuer leur travail à travers le monde. Voulez-vous les aider dans ce travail ? Vous-même, consciemment, confiez-leur votre joie, toute cette richesse spirituelle que vous procure une fête, afin que d’autres en bénéficient. Cette joie, cette richesse vous reviendront encore amplifiées. Voilà comment, dans leur sagesse, les initiés conçoivent la fête. Car s'il est vrai que la sagesse est grave, elle est pleine de gaieté aussi".

Omraam Mikhaël Aïvanhov - Collection Izvor n° 243, Le rire du sage, VI