Consultation nationale de Bioéthique

Publié le 16 Mai 2018 - Le spiritualiste dans son corps

Il n’est pas contradictoire pour un spiritualiste de se savoir esprit, esprit descendu dans un corps physique – et, une fois incarné et situé dans le corps, de faire tout un travail sur les organes et les cellules, un travail de montée. Descendre, c’est accepter de se condenser, de s’envelopper d’un habit de travail comme un plongeur ou un mineur. Monter, c’est introduire en soi la subtilité, le détachement et la légèreté. Pourquoi ? Par amour pour la lumière.
Nous avons à descendre dans la matière pour la vivifier, l’organiser. Si on reste toujours dans les abstractions et les nuages, le corps physique ne sera jamais animé et tout viendra l’anéantir. Il ne faut pas laisser le corps dans l’état d’une maison abandonnée sous la poussière et qui sert d’abri à tous les oiseaux nocturnes. Au contraire son propriétaire doit venir souvent le nettoyer, l’entretenir et le vivifier. Descendre dans la matière avec cette intention n’est jamais une chute. Il faut distinguer descente et chute : il s’agit de descendre dans la matière, non d’y tomber. Lorsqu’on descend dans la matière, c’est pour l’animer, la vivifier, l’éclairer.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, O.C. t. XXI (éd. 1977), 30 décembre

« Que devons-nous faire ? direz-vous. Renforcer l’esprit, l’éclairer, l’éduquer ? » Non, c’est du corps physique qu’on doit s’occuper pour le renforcer, le purifier, le spiritualiser, le diviniser.
Les spiritualistes croient parfois que c’est l’esprit qu’il faut purifier, ennoblir, et négliger le corps physique, le mépriser même... Non, l’esprit est fait d’une matière subtile, lumineuse, indestructible, il est éternel, une étincelle sortie de Dieu, il n’a pas besoin d’être instruit. Il a des facultés infinies, mais il faut lui donner des conditions favorables pour se manifester.
Prenons l’exemple d’un être mentalement retardé ou malade : son esprit, lui, n’est ni malade ni retardé ; c’est son cerveau, l’organe au travers duquel l’esprit doit se manifester, qui comporte quelques anomalies. C’est exactement comme un virtuose à qui on donnerait un piano détraqué : quoi qu’il fasse et quelle que soit sa bonne volonté, il n’en tirera que des sons épouvantables. Ce n’est pas le virtuose qui est fautif, c’est le piano. Le cerveau à travers lequel l’esprit doit se manifester est exactement comme le piano sur lequel doit jouer le virtuose. Vous voyez, c’est sur le corps que l’on doit travailler...
L’esprit est une étincelle divine, tous les pouvoirs et tout le savoir de Dieu sont contenus dans sa quintessence, seulement il faut lui donner un instrument convenable. Le corps physique est justement un des instruments les meilleurs que le Seigneur ait donnés à l’homme, un instrument d’une extraordinaire richesse, construit avec une sagesse inexprimable.
...Mais le corps, c’est là notre travail ! Nos difficultés, nos problèmes, nos souffrances, c’est lui. Notre travail, c’est de le rendre tellement pur, invulnérable, inaccessible au mal et aux maladies, tellement vivant et subtil qu’il devienne vraiment le porte-parole de l’esprit, un moyen d’expression pour tout le Ciel, afin que toutes les merveilles de l’univers puissent se manifester à travers lui.

Œuvres Complètes, t. XVII Connais-toi-toi-même, III, II

Publié le 12 Mai 2018 - Le passage sur la terre

Que faisons-nous sur la terre ? Pour quelle raison y sommes-nous descendus ? Pour une raison de grande importance : nous sommes descendus pour étudier la matière et travailler avec les forces qui l’animent. Nous sommes des esprits à qui on a donné un corps afin d’agir dans la matière.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, Izvor n° 241, La pierre philosophale, chap. IV

Nous sommes en apprentissage
Combien de personnes réfléchissent vraiment à ce que signifie leur passage sur la terre ? Combien se demandent : « Qu’est-ce que je fais là ? pourquoi je suis là ? » La plupart se conduisent comme s’ils n’avaient rien de mieux à faire qu’à passer le temps de la façon la plus agréable.
Très peu ont conscience que ces quelques dizaines d’années qui leur sont données à vivre, ils doivent les considérer comme un stage. Oui, un stage au cours duquel ils ont à apprendre et à s’améliorer, c’est-à-dire travailler sur leur caractère. Car c’est la seule chose qui leur restera et qu’ils emporteront avec eux dans l’autre monde. Quand on quitte la terre, on est obligé d’abandonner toutes les acquisitions matérielles, et même intellectuelles, et celui qui n’a fait aucun travail intérieur se présente misérable, pauvre et nu devant les Esprits célestes en haut.

Pensées Quotidiennes 2013, 25 juillet

Sur la terre, nous vivons et travaillons aussi avec d’autres corps plus subtils
L’être humain ne vient chaque fois s’incarner sur la terre que pour très peu de temps. Il doit s’instruire, travailler là pendant quelques années ou dizaines d’années, puis il repart. On ne peut donc avoir une vision exacte et complète de la vie que si on apprend à y inclure ce que l’on appelle la mort. Notre vie en réalité ne se limite pas seulement à ce laps de temps que nous sommes venus passer sur la terre : notre vie est très longue, infinie, c’est une succession d’allers et retours entre la terre et le monde de l’au-delà.
Cependant, alors même que nous vivons dans le plan physique, nous ne vivons pas uniquement dans notre corps physique, mais aussi dans nos corps psychiques : les corps astral* et mental, et dans nos corps spirituels : les corps causal, bouddhique et atmique*. Ces corps, nous devons apprendre à les nourrir, sinon il nous manquera dans cette existence même quelque chose de très précieux. Et surtout, lorsque nous partirons dans l’autre monde, c’est dans ces corps subtils que nous vivrons, et si nous ne les avons pas nourris, nous nous sentirons chétifs et démunis.

Œuvres Complètes, tome 20 (éd. 2008) Voda, l’eau, 13 juillet

*Plan astral : domaine des émotions, des sentiments. Plans causal, bouddhique, atmique : plans de la sagesse, de l’amour et de la puissance sublimes.

La résistance de la matière est un stimulant pour l’esprit
Tâchons donc d’imprimer en nous cette vérité que l’esprit peut triompher de tout. Croyez-moi, il ne faut pas céder devant certaines évidences - la maladie, l’échec, la vieillesse... -, car céder c’est se limiter. Ceux qui succombent devant l’évidence se font ses esclaves. Tandis que ceux qui en toute circonstance mettent en avant les pouvoirs de l’esprit, exercent leur pensée, luttent, avancent et deviennent maîtres de toutes les situations : les uns après les autres, les obstacles finissent par tomber.
Quand on décide d’appliquer dans son existence cette loi de la supériorité de l’esprit, on produit d’abord des changements dans la région de la pensée. Ces changements influencent ensuite la région des sentiments, des émotions, où peu à peu tout devient plus léger, plus fluide. Et enfin, ces changements se concrétisent dans le plan physique, où les choses s’éclairent et s’organisent.
Ni la terre ni notre corps physique ne sont des demeures où nous habiterons pour l’éternité. C’est pourquoi dans notre vie psychique et spirituelle, nous ne devons jamais nous incliner devant ce que le monde physique nous présente comme évident, mais chercher toujours les moyens de faire triompher l’esprit. La matière, avec toutes les oppositions qu’elle nous présente, nous est donnée comme un stimulant pour l’esprit.

Izvor n° 241, La pierre philosophale, chap. VI

Publié le 8 Mai 2018 - L'existence corporelle

Pour certains penseurs, le corps est « un tombeau ». Pour d’autres traditions, la venue sur terre est « une chute ». La science initiatique voit autrement l’existence corporelle.
L’être humain vient du ciel, il est esprit, mais il doit s’envelopper d’un corps pour pouvoir travailler dans le plan physique

Omraam Mikhaël Aïvanhov, O.C., tome XX (éd. 1984), 6 décembre

Pour cette époque-ci, l’Esprit cosmique a décidé de permettre aux humains de se développer dans le domaine des sens, de la vue, de l’ouïe, du goût, du toucher, etc. Il les laisse descendre dans la matière pour la posséder, la toucher, l’explorer, la connaître et surtout faire un travail avec elle.
Ne vous étonnez pas, c’est ainsi, c’est un passage : l’esprit humain est obligé de descendre de plus en plus profondément dans la matière pour la connaître, au point de perdre presque tout souvenir de la patrie céleste où il vivait dans le passé lointain. Et en connaissant de mieux en mieux la matière, il y fait de nombreuses acquisitions, et surtout il commence à dominer sa propre matière. Pour le moment, seule une petite minorité en est capable, mais pour l’être humain le but de l’existence terrestre, c’est de descendre dans le corps physique afin de prendre possession de ses facultés et de les utiliser pour travailler sur le monde extérieur.
Quand je dis que l’esprit humain « descend dans la matière », je sous-entends d’abord dans le corps physique, pour s’y installer, en prendre possession et devenir le maître. Ensuite, quand il y est bien chez lui, il travaille et agit à son tour sur le monde extérieur. Là aussi, il manipule les choses en maître : il transforme, il construit, il détruit... C’est toute une période d’involution, de descente dans la matière.
Mais comme l’Esprit divin a des projets grandioses pour l’être humain, il ne le laissera pas descendre indéfiniment, s’engouffrer complètement, perdre tout contact avec le Ciel et oublier ses origines. Dès qu’il aura atteint un stade suffisant de possession de soi, de maîtrise sur son cerveau, ses membres et toutes ses facultés, de connaissance de toutes les propriétés des éléments, alors d’autres influences, d’autres forces, d’autres courants commenceront à le porter, à le soulever, et progressivement il retrouvera les facultés qu’il possédait dans le passé lointain : il connaîtra la matière et l’esprit.

Izvor n° 219, chap. I « L’évolution humaine… »

...Le corps est l’instrument qui nous a été donné pour pouvoir vivre sur la terre, mais notre esprit, lui, le quitte au moment de la mort et continue sa route dans l’immensité.

Pensées Quotidiennes 2005, 22 sept.

Publié le 3 Mai 2018 - Le visible et l'invisible

On se laisse porter par l’existence physique, puis un jour on ouvre les yeux, on se pose des questions et alors commence une évolution consciente.
L’être humain est placé dans la vie et il doit prendre conscience de tout ce qui se passe : il mange, il boit, il respire, il agit, et s’il ne se rend pas compte de tout ce qui se passe avec lui, autour de lui et en lui, évidemment ce n’est pas fameux.
Un disciple étudie pourquoi il est sur la terre, pourquoi il a un corps, ce que ce corps représente, et comment on doit se comporter pour amener toute chose vers le bien. Moi aussi, bien sûr, j’ai été obligé de me rendre compte de tout ce qui se passe autour de moi et en moi, de me demander pourquoi je suis sur la terre et ce que l’on attend de moi. Tout le monde en arrive un jour à se poser une telle question.
Quand il se pose cette question, l’homme voit se découvrir devant lui tout un monde nouveau : il s’aperçoit que les choses ne se passent pas tout à fait comme il l’imaginait, qu’il existe au-dessus de lui un ordre plus puissant que lui, qu’il ne peut rien y changer et qu’il doit se soumettre c’est-à-dire s’accorder. Il aura beau regimber, se révolter, donner des coups de pied, les lois sont immuables. Et il finit par comprendre qu’il doit marcher en accord avec ces lois. C’est le commencement de la véritable évolution.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, O.C., tome V Les puissances de la vie, chap. III

Ouvrir les yeux sur ce qui ne se voit pas
Si vous dites : « Le monde invisible ?... Je ne crois pas au monde invisible ! », je vous répondrai que vous n’avez pas assez réfléchi. Votre pensée est-elle visible ? et votre âme et conscience ? et vos sentiments ? Et tous vos projets, les voyez-vous ? Non, et pourtant vous reconnaissez qu’ils existent. Vous ne vous êtes pas aperçu que vous fondez toute votre vie sur des choses que vous ne voyez pas. Vous vous bagarrez, et certains même tuent des gens à cause de leurs convictions ou de leurs croyances qui ne sont pas visibles non plus !
En niant le monde invisible, on scie la branche sur laquelle on est assis, et un jour on se retrouvera par terre. Comment n’a-t-on pas honte de nier ces vérités au lieu de reconnaître qu’on n’a encore rien étudié ! Et votre vie, est-elle visible ?...

O.C., tome XII Les lois de la morale cosmique, chap. VII

Argument de force majeure
Vous ne croyez qu’à ce qui est visible ? Et si un soir, vous qui êtes supposons dans l’opulence, quelqu’un vous saute à la gorge et vous dit : « La bourse ou la vie ! », vous qui ne croyez pas à la vie n’est-ce pas, puisqu’elle est invisible, à ce moment-là vous commencerez à y croire. Vous donnerez tout ce qui est visible pour garder une chose qui est invisible. Quel manque de logique ! Vous devriez dire : « Prenez ma vie, mais pas ma bourse ! » Oui, mais vous seriez mort et que feriez-vous avec le reste ?
Rien n’est plus précieux que ce qu’on ne voit pas.

O.C., ibidem

Le monde visible comme voile et dévoilement du monde invisible
Le corps physique est le vêtement de l’âme et de l’esprit. Et les paroles sont les vêtements de la pensée et du sentiment : oui, les sentiments et les pensées possèdent des vêtements.
Toutes les créatures visibles et invisibles possèdent des vêtements. Une fleur par exemple est un vêtement où se cache une entité. C’est pourquoi il faut méditer sur les fleurs, leurs formes, leurs couleurs, leurs parfums, afin de connaître la nature des êtres qui possèdent de tels vêtements ; et non seulement sur les fleurs, mais sur tout ce qui existe dans les différents règnes de la nature, minéral, végétal, animal, humain. Un cristal, un diamant, une pierre précieuse est le vêtement, le corps dans lequel une entité spirituelle s’est incarnée afin de se matérialiser. Les montagnes, les lacs, les rivières, les arbres... la nature tout entière est le vêtement de l’Esprit cosmique. Du royaume des minéraux à celui des humains, tout n’est que vêtements et ces vêtements sont d’une diversité inouïe.

Synopsis n° 3, X, 2 : « Contempler Isis dévoilée »

Publié le 29 avril 2018 - La vie, notre "milieu divin"

La vie est pour tous les êtres vivants une évidence : ils la possèdent, ils en ont la jouissance. Et pourtant elle est invisible, insaisissable, inconnaissable.
Qui aurait l’idée de nier la vie sous prétexte qu’elle est inexplicable ? On ne demande pas de preuves sur l’existence de la vie : elle est là partout comme une évidence. Et pourtant, personne ne peut dire qu’il a vu la vie, car il n’existe aucun moyen de la présenter comme un objet, un phénomène qu’on isolerait pour l’observer au microscope ou au télescope : on constate ses manifestations, c’est tout. On voit que les êtres sont vivants, que la nature est vivante ; mais la vie, c’est-à-dire l’énergie, le courant qui s’infuse en eux pour les faire naître, se développer et mourir (oui, mourir aussi, car la mort en tant que processus de transformation fait partie de la vie) – ...la vie, il est impossible d’en avoir une connaissance précise. On ne sait ni ce qu’elle est, ni d’où elle vient, ni jusqu’où elle va, mais on ne peut pas la mettre en doute.
Certains diront : « Mais si, nous savons ce qu’est la vie. Quand un enfant naît, on sait qu’il a reçu la vie d’un homme et d’une femme qui se sont rencontrés, on connaît maintenant en détail tous ces processus. Et quand un arbre pousse, on sait qu’il provient d’une graine dont les processus de germination et de croissance sont également bien connus. »
C‘est vrai, tout le monde maintenant sait comment sur la terre la vie se transmet et se perpétue. Mais son origine, comment elle est apparue dans l’univers, puis dans l’être humain, c’est une autre question - ...et surtout comment arriver à s’en rendre maître !

Omraam Mikhaël Aïvanhov, collection Synopsis n° 3, partie I

La vie, indifférenciée à l’origine, contient toutes les virtualités : tous les vivants ont un potentiel naturel encore insoupçonné.
La vie, c’est le commencement de tout. Regardez les créatures : d’abord elles ont la vie, et c’est ensuite qu’elles arrivent plus ou moins à sentir, à penser, à comprendre. Tout d’abord il y a la vie. La vie est donc la condition première. Le mot « vie » résume toutes les richesses de l’univers qui sont là, indéterminées, inorganisées, chaotiques, avant d’arriver à se différencier.
Ainsi dans la vie tout est inclus.
Dans une cellule aussi tout est inclus : tous les organes qui doivent apparaître, tout ce qui doit sortir un jour est déjà là, au-dedans, comme dans une graine. Mais une graine, il faut la planter, l’arroser, la soigner pour voir ce qui en sortira. De même après un certain temps, comme pour la graine, de ce magma, de ce chaos, de cette réalité indéterminée qu’est la vie, tout commence à sortir et à prendre forme.
C’est ainsi que tous les organes et les cinq sens sont apparus. ...Et il y en a beaucoup d’autres encore qui apparaîtront dans l’avenir. Car puisque le corps physique est fait à l’image du corps astral, le corps astral à l’image du corps mental, et ainsi de suite jusqu’au plan divin, étant donné que l’homme possède cinq sens dans le plan physique, il possède aussi cinq sens dans le plan astral et cinq sens dans le plan mental : le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue... Ces organes ne sont pas encore développés dans les plans subtils, mais ils sont là, ils attendent le moment de se manifester. Quand ils seront formés, l’être humain aura des possibilités inouïes pour voir, sentir, entendre, goûter, agir, se déplacer ; mais pour le moment, ces facultés sont encore en lui à l’état indifférencié.
La vie, l’être vivant, la cellule vivante, le micro-organisme contiennent toutes les possibilités de développement, mais il faudra des milliers d’années pour qu’elles arrivent à se manifester. C’est cela le mystère, la splendeur de la vie.

Œuvres Complètes, tome V Les puissances de la vie, chap. I

La vie, nous les humains nous la transmettons, mais nous ignorons sa source.
Personne ne sait ce qu’est la vie, même parmi les scientifiques. Ils connaissent beaucoup de choses, ils peuvent se prononcer sur quantité de processus, de combinaisons chimiques, mais quand il s’agit de la vie, ils se contentent de dire : « c’est le plus grand mystère ».
Et pourquoi est-ce un grand mystère ? Parce qu’on n’a jamais compris qu’il faut aller chercher beaucoup plus haut que dans le plan physique pour découvrir ce qu’est la vie. C’est en haut* qu’on peut connaître ce qu’est la vie et non seulement en bas* : en bas c’est la vitalité, la vie animale, végétative, minérale. Mais quand on montera vers les régions sublimes d’où vient la vie, quand on aura des perceptions beaucoup plus spirituelles, plus subtiles, on captera, on comprendra, on découvrira ce qu’est vraiment la vie.
La vie c’est Dieu lui-même. En dehors de Dieu il n’y a pas de vie. C’est lui qui a créé et distribué la vie. Si les humains n’arrivent pas à la connaître, c’est qu’ils ne croient plus au divin. La vie prend sa source en Dieu et seuls ceux qui s’approchent de la divinité peuvent connaître la vie.
Les humains sont ignorants, ils s’imaginent que c’est eux qui donnent la vie à leurs enfants. Non, ils ne sont que des dépositaires. Dieu a déposé dans l’homme et la femme une partie de la vie qu’il a créée, pour qu’ils la distribuent, mais ils sont incapables de la produire. Seul Dieu crée la vie et peut nous apprendre le mystère de la vie.

Œuvres Complètes, tome V, I - (conférence du 6 avril 1970)

*Dans la tradition initiatique, entre autres sens « en bas » désigne le plan physique, « en haut » les plans subtils de l’esprit.

Publié le 21 avril 2018 - Pour esquisser le sujet...

Être spiritualiste aujourd'hui
On entend fréquemment certaines personnalités s’indigner de ce qu’à notre époque *, les humains ne se soient pas encore débarrassés des croyances religieuses, qualifiées d’irrationnelles.
On est obligé de constater qu’après une période de scientisme, de matérialisme, de plus en plus de gens se tournent à nouveau vers la religion, la spiritualité, le mysticisme, et que cette tendance prend parfois des formes confuses ou insensées. Même les autorités religieuses s’en émeuvent, car elles se sentent dépassées par ces nouveaux courants qu’elles n’arrivent pas à maîtriser.
Eh bien, la responsabilité de cette situation revient aux religieux eux-mêmes, qui étaient plus préoccupés d’étendre la domination de leurs Églises que de répondre aux vrais besoins des âmes et des esprits. Elle revient également aux scientifiques et à leurs philosophies matérialistes qui laissent les gens aussi affamés et assoiffés.
Alors, que les uns et les autres cessent de se lamenter sur une situation qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer : qu’ils essaient plutôt de voir comment, ensemble, ils peuvent y remédier.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, Pensées Quotidiennes 2004, 26 juin

*Ces conférences ont été données pendant la seconde moitié du XX° siècle.

Le sens du sacré est inhérent à l'être humain
Vouloir combattre la religion au nom de l’objectivité, de la science, de la raison, est une entreprise vouée à l’échec. On ne peut pas plus supprimer le sentiment religieux qu’on ne peut supprimer les autres sentiments. Il y a là un domaine où la seule raison n’a pas sa place.
Le sens du sacré, le besoin qu’éprouve l’être humain de se sentir relié à un monde supérieur, le monde divin dans lequel il a son origine, est inscrit dans sa structure même. On peut essayer de le nier, de le combattre, d’en extirper les racines, pendant un moment il arrive qu’on y réussisse, mais ces succès ne dureront pas. Tôt ou tard on sera obligé de constater tous les dégâts qu’une telle entreprise aura produits, non seulement sur les individus, mais aussi dans la société.

Omraam Mikhaël Aïvanhov, Pensées Quotidiennes 2004, 19 juin

La philosophie de la réincarnation élargit la conscience et apporte la paix
Pour notre évolution nous devons, au cours de nos incarnations successives, faire l’expérience de toutes les situations, de toutes les conditions qu’un être humain est appelé à connaître.
Cette vérité nécessite que chacun d’entre nous élargisse sa conception de l’existence. Car cela signifie que d’une existence à l’autre, on peut non seulement changer de sexe, mais aussi s’incarner dans des pays différents, dans des milieux sociaux différents, appartenir à des groupes humains différents, à des religions différentes. Alors quel sens peuvent bien avoir, finalement, les notions de racisme, de nationalisme, de lutte des classes, de combat pour la vraie foi ? Cela ne repose objectivement sur aucune base solide.
Notre esprit voyage à travers le temps et l’espace, et les séparations que les humains font entre eux ne sont que des fabrications artificielles produites par des cerveaux ignorants. Un jour, il ne restera plus rien de ces points de vue limités, car aucun n’a raison dans ses revendications. Seul a raison celui qui travaille pour l’unité.

Œuvres Complètes, tome 22 (2006), Ogăn, le feu, 26 juin

Morale sexuelle : discernement et ouverture d’esprit s’accordent avec un idéal élevé
Il est possible de conseiller les humains sur la question de la sexualité, mais en sachant bien que cette question ne peut être résolue qu’en fonction de chaque personne.
Vouloir sous prétexte de morale imposer à tous des règles identiques, ce n’est pas raisonnable. Car la même discipline qui conduira les uns vers l’équilibre et la véritable spiritualité, peut au contraire amener les autres vers le refoulement, l’hystérie et la névrose. Les êtres n’ont pas tous des besoins de même nature. Et celui qui ne tient pas compte de cette réalité est exposé soit à prêcher dans le désert, soit à leur infliger des tourments inutiles.
Maintenant, cela ne veut pas dire qu’on ne doive pas faire d’efforts. Au contraire, chacun au niveau qui est le sien doit s’efforcer de maîtriser la force sexuelle, afin de vivre l’amour d’une façon plus belle, plus noble, plus spirituelle.
C’est là la seule règle morale que chacun doit respecter.

Pensées quotidiennes tome 22 (éd. 2006), 18 janvier

2018 : le gouvernement français, par l’intermédiaire du CCNE (Comité consultatif national d’éthique), recueille pendant six mois les opinions des citoyens avant de légiférer à l’automne sur plusieurs grandes questions de bioéthique.

Notre association, la Fraternité blanche universelle, est une des nombreuses composantes citoyennes de l’opinion publique.

Nous sommes des spiritualistes : nous pensons que l’esprit a la primauté sur la matière, que le spirituel façonne le psychique et que le psychique façonne le physique. Nous pensons que l’univers n’est pas le fait du hasard, mais le produit d’innombrables enchaînements de cause à conséquence. Pour nous, la nature matérielle obéit à un ensemble de lois intelligibles et intelligentes qui jouent et s’appliquent dans l’espace et le temps humains.

Comme une grande partie de l’humanité, nous croyons que l’être humain est un esprit qui s’incarne et se réincarne de multiples fois, tissant lui-même son destin d’une incarnation à l’autre. Cette croyance influence évidemment notre réflexion éthique lorsqu’il s’agit de la procréation, l’hérédité, la santé, la vie, la mort, la science, l’évolution de l’être humain...

Pour nous, l’éthique n’a pas à être un conformisme calqué sur l’opinion ambiante, qui varie souvent. Cependant ces variations correspondent à des besoins ou des idéaux nouveaux qui se font jour dans la société et dont il faut comprendre l’essence. L’éthique implique le respect libre et intelligent des lois de la nature, en intégrant avec prudence les chances que la science et ses applications nous offrent, en tenant compte aussi de chaque conscience et chaque situation personnelle. La bioéthique nous semble être une sagesse à trouver pour concilier la liberté des désirs et rêves humains de bonheur avec l’inflexibilité des lois de cause à conséquence. Ces lois, même à notre insu, font de nous des êtres responsables : responsables de nous-mêmes, de nos proches et d’un entourage plus vaste encore.

Quand un gouvernement édicte des lois sociétales, ce n’est évidemment pas pour satisfaire des visées électorales à court terme. Il a le souci d’alléger le fardeau existentiel de certaines catégories fragiles ou délaissées. Il efface ainsi des préjugés, ouvre des possibilités de dialogue, de compréhension, d’épanouissement. Les lois ne sont pas faites pour brimer et asservir. Mais d’un autre côté elles doivent veiller à ne pas déclencher des fléaux imprévus.

Pour nous spiritualistes, le vrai but des lois, comme de l’éducation, c’est d’aider les hommes et les femmes à remplir leur vocation spirituelle à l’intérieur des conditions de leur existence corporelle.

Sur toutes les questions en débat dans les actuels colloques de bioéthique, la Fraternité blanche universelle propose non des positions tranchées, pour ou contre tel ou tel choix de vie, mais une réflexion d’ensemble sur des valeurs philosophiques, telles que la création, le sens de l’existence, les deux principes émissif et réceptif, la liberté, la valeur sacrée de la vie, de la mort, du corps, de la conscience, de l’amour.

Mars 2018