Georg Feuerstein

Extraits du livre de Georg Feuerstein

Omraam Mikhaël Aïvanhov était un homme simple et direct. Parfois la simplicité et la franchise sont seulement l’expression d’un manque de subtilité. Dans le cas d’Aivanhov, ils sont le fruit d’une lucidité mentale exceptionnelle et d’une grande intégrité personnelle. Il a présenté même les idées les plus complexes d’une manière simple et vivante et avec une absence de prétention qui pourrait être trompeuse.

Notre époque aime les choses compliquées. Nous sommes fiers d’être sophistisqués et nous supposons, en général, que les réflexions profondes exigent des expressions compliquées. Nous nous demandons toujours si un penseur obscur n’est pas incroyablement profond. Aïvanhov se passe de toute cette prétention et de cette confusion. Ses nombreuses conférences (il n’a pas écrit de livres lui-même) reflètent une simplicité, une lucidité et une profondeur constantes.

Durant les presque cinquante ans d’enseignement, beaucoup de gens venus écouter Aïvanhov l’ont trouvé trop simple et sont allés vers d’autres enseignements et philosophies qui leur semblaient plus importants parce que plus compliqués. On ne découvre la profondeur de ses idées que lorsque l’on aborde son enseignement sans snobisme intellectuel et sans idées préconçues. Comme le fait remarquer le médecin et écrivain américain Larry Dossey:
«La marque d’un grand maître spirituel réside dans sa capacité de transmettre la sagesse avec une telle clarté lumineuse qu’elle semble réellement simple comme si on l’avait toujours connue, comme si on la possédait tous en soi. Un tel instructeur est Omraam Mikhaël Aivanhov, dont les paroles nous semblent naturelles et vraies. A une époque où l’on confond la profondeur avec un ésotérisme impénétrable, Aïvanhov est une découverte rafraîchissante.»

Dans la tradition ésotérique, on raconte une anecdote selon laquelle un aspirant quelque peu présomptueux était allé auprès d’un illustre maître spirituel pour recevoir son enseignement. Quand l’instructeur lui demanda de balayer le plancher, le jeune homme hésita. Lorsque l’instructeur voulut le rassurer en lui disant que c’était là son enseignement le nouveau venu se moqua de lui d’un air méprisant et partit. Il n’avait rien compris de la leçon et ne pressentit donc rien d’un enseignement qui l’aurait assurément transformé.

A certains égards, lire les conférences publiées d’Aïvanhov est comme l’épreuve du balayage. Nombre de ses idées semblent si familières que nous pouvons facilement en conclure à la légère que nous les avons déjà rencontrées et dépassées. Mais il y a une grande différence entre le fait de savoir quelque chose et le fait de le vivre. Les conférences d’Aïvanhov et sa vie exemplaire nous rappellent constamment cette différence fondamentale.

En creusant davantage les conférences d’Aïvanhov, on devient humble devant l’immense profondeur de sa compréhension. Quand on suit sa pensée attentivement et qu’on découvre petit à petit sa profondeur et sa beauté, on est touché et transformé par elle.

“Le Mystère de la lumière” Prosveta Ed.

Lorsque Aïvanhov commença à enseigner en France il y a plus d’un demi-siècle, il appela son école l’Ecole divine et c’est en ces termes qu’il pensait toujours à son école. Il considérait l’Ecole divine comme faisant partie de la Fraternité Blanche Universelle, cette communauté invisible d’êtres supérieurs qui ont à cœur l’évolution spirituelle de l’humanité. Lorsque le nombre des membres augmenta suffisamment pour former une association légale, le nom de Fraternité Blanche Universelle fut choisi.

En Europe occidentale, et particulièrement en Amérique, ce nom a provoqué occasionnellement consternation et malentendus car l’appellation « blanche » prend dans ces pays des connotations raciales. Cependant pour Aïvanhov et sa fraternité, qui d’ailleurs inclut des personnes « non blanches », le nom a un sens tout à fait différent. Tout comme la couleur blanche représente la synthèse de toutes les couleurs, ici « Blanche » représente l’ensemble des vertus qui inspire une vie juste, illuminée par la splendeur de la Réalité transpersonnelle. Aïvanhov regrettait que certaines personnes se privent des avantages de sa fraternité seulement à cause de son nom.

Il a toujours insisté sur le fait que la Fraternité Blanche Universelle n’est pas un cercle exclusivement réservé à quelques privilégiés. Elle est plutôt une communauté de pensée, ouverte à tous ceux qui partagent la même façon de vivre et qui sont en harmonie entre eux parce qu’ils ont les mêmes idéaux spirituels. Et cette communauté dépasse largement en nombre ceux qui se considèrent ses seuls disciples sur la terre. Selon les explications d’Aïvanhov :

« La Fraternité Blanche Universelle est une puissance qui s’étend sur tout le système planétaire, et au-delà. Il ne faut pas juger la Fraternité Blanche Universelle d’après celle qui est ici sur la terre, une poignée d’hommes qui ne sont pas toujours sages ni éclairés. La véritable Fraternité Blanche Universelle, qui est en haut comprend tous les êtres les plus évolués ; ici, nous sommes des ouvriers qui tâchons de bénéficier de la lumière et du soutien de ces êtres pour réaliser leurs projets. Mais la Fraternité Blanche Universelle qui est en bas doit devenir le reflet fidèle de celle qui est en haut et pour cela il faut que ses membres deviennent de plus en plus conscients de ce privilège d’appartenir à cette entité sublime. »

op.cit.

L'idéal de la Fraternité Blanche Universelle, c'est d'apprendre aux humains à ne plus travailler exclusivement pour eux-mêmes, mais pour le monde entier.

Aïvanhov, comme Deunov, était un porte-parole inlassable de l’idéal de fraternité entre tous les hommes, quels que soient leur race, leur nationalité, leurs croyances, leur niveau d’éducation ou leur situation dans la vie… Il a toujours incité ses disciples à cultiver une attitude d’amour fraternel, non seulement les uns envers les autres, mais aussi dans leur relation avec le monde en général. Il reconnaissait que la paix et l’harmonie individuelle et universelle ne peuvent se manifester que lorsque l’amour fait fondre les barrières que les gens tendent à ériger autour d’eux-mêmes. «Dans l’harmonie, tout s’épanouit»…

Aïvanhov consacrait inlassablement ses énergies au bien de son école… Fidèle à son idéal d’équilibre et d’harmonie, il passait une partie de son temps à faire son travail intérieur, et l’autre partie en compagnie de ses disciples et visiteurs. Quand il était seul, il travaillait, priait, méditait et s’occupait de son merveilleux jardin. Il explique pourquoi il agissait ainsi :
« Si vous êtes toujours seul et que vous ne donniez rien de vous-même, vous vous sentez malheureux, déprimé, il vous manque quelque chose. Et si vous êtes tout le temps avec les autres, vous perdez tout, le réservoir se vide, et il ne vous reste même plus rien pour vous-même.

op.cit.