La famille

La famille a été parfois dans le passé un petit clan replié sur lui-même, jaloux de ses prérogatives et de son honneur, refermé sur ses coutumes et souvent étouffant pour ses membres. On en trouve de nombreux témoignages dans la littérature, l’anthropologie…

Au contraire, la famille telle que nous la concevons et souhaitons la réaliser, est un milieu chaleureux, aéré, tolérant, riche de ses diversités, harmonieux, ouvert sur l’infinie variété du monde extérieur.

1 - Le lien familial
La famille, ce groupe de personnes unies par les liens du sang, est une création de la nature elle-même. L’Intelligence cosmique a décidé que cette forme d’existence serait bonne pour les créatures, qui ainsi s’aident, se soutiennent, se protègent, travaillent ensemble. D’ailleurs on voit déjà ces tendances se manifester chez les animaux. C’est la nature qui a donné aux membres d’une même famille cet attachement, ce besoin d’être ensemble pour s’apporter aide et protection. Chacun vit dans sa famille, l’aime, travaille pour elle, la protège, la défend. La famille est pour l’individu une forteresse, un abri solide, stable, où il se sent en sécurité.

 

Omraam Mikhaël Aïvanhov, Synopsis n°1, VIII,3 ; et Izvor 206 (éd. 1990), chap. VII
2 - Apprentissage du dévouement
Une personne qui se marie ajoute à ses relations un beau-père, une belle-mère et une quantité de belles-sœurs, beaux-frères, neveux, nièces, cousins, etc. Est-ce pour autant qu’il devient plus conscient de ce qu’est réellement une famille ? Il peut très bien agrandir le cercle des personnes qu’il est amené à fréquenter et garder la même conscience étroite, limitée, égoïste, cela se constate tous les jours.
Fonder une famille, avoir des enfants, implique en réalité qu’on soit capable d’un élargissement de la conscience, qui se manifeste par une attitude de noblesse et de désintéressement : accepter de se limiter, de souffrir, de se sacrifier pour d’autres que soi.

 

Oeuvres Complètes, t. 19 (éd. 2007), 30 novembre
3 - La famille, cellule du corps social
Dans la plupart des familles, tous se préoccupent d’arranger leurs propres affaires pour subsister, manger, se vêtir, gagner de l’argent, se marier, avoir quelques enfants… C’est très bien, c’est normal. Ils pensent d’abord à eux-mêmes. De temps en temps, bien sûr, ils font un peu quelque chose pour la société, mais en général ils travaillent pour eux.
Mais voilà aussi pourquoi le sort de l’humanité ne s’améliore pas : parce qu’on ne pense pas assez à la collectivité, on pense seulement à soi, à sa famille. Et on croit qu’en arrangeant bien ses affaires, on vivra en sécurité. Mais ce n’est pas vrai. Nous vivons tous dans la collectivité humaine, et s’il éclate des émeutes, une révolution, une guerre, nos biens individuels ne peuvent pas être en sécurité. Même si nous arrangeons nos propres affaires, en réalité elles ne seront jamais arrangées, parce qu’il peut survenir dans la collectivité des secousses qui vont tout détruire. L’histoire l’a montré : on a vu tellement de personnages puissants et riches que rien ne semblait devoir atteindre, mais des troubles se produisaient dans la société, et ils finissaient par tout perdre, même la vie. Cela prouve que le destin des familles est lié à celui de la collectivité. Donc si on améliore la vie collective, chacun sera en sécurité, parce que seule la stabilité collective, dont tout dépend, procure la sûreté et l’abondance.

 

Izvor n° 206, chap. VII
4 - Une éducation ouverte
En même temps qu’on donne l’instruction aux jeunes, il faut leur faire comprendre que la vie est une aventure très sérieuse, où il y a des quantités de choses à comprendre, et que pour affronter les problèmes qu’elle va inévitablement leur poser, il est nécessaire qu’ils travaillent aussi sur eux-mêmes, qu’ils développent des qualités psychiques et morales qui leur permettront de mieux accepter les autres. Et « les autres », ce n’est pas seulement leur entourage immédiat : la famille, les camarades, etc. Dès leur jeune âge déjà, il faut habituer les garçons et les filles à entrer en relation avec toutes sortes de personnes différentes d’eux par le milieu social, la formation, l’âge, la nationalité, la religion, la race, afin de les familiariser très tôt avec toutes les situations humaines. Car s’ils ne sont pas prêts, le jour où ils seront en face de ces situations, ils feront preuve d’incompréhension et même, sans le vouloir, de méchanceté, de cruauté. Cela revient à dire que les parents ont la responsabilité de donner à leurs enfants une compréhension plus large de la famille.

 

Synopsis 2, VIII, 3
5 - Appartenance plus vaste
Quand j’entends dire parfois à certains, avec un air tellement malheureux : « Je suis seul, je n’ai pas de famille », je suis sidéré. Comment, il n’a pas de famille ? Il a une famille immense ! Mais sa conscience est tellement limitée, obscurcie, qu’il ne le sent pas. Et c’est le cas de millions d’êtres dans le monde : ils se sentent seuls. …Et pourtant ! …
Vous du moins, commencez à travailler sur cet élargissement de la conscience. Comprenez que même si vous n’aviez plus ni père ni mère, ni frère ni sœur, ni aucune famille par le sang, ce ne serait pas encore une raison pour vous croire seuls. Il faut que vous sachiez, que vous sentiez que vous êtes tous fils et filles du même Père, l’Esprit cosmique, et de la même Mère, la Nature universelle. Travaillez pour tous vos frères et sœurs du monde entier et vous ne serez plus jamais abandonnés ni malheureux.

 

Synopsis 2, VIII, 3
6 - Un modèle pour les enfants
Il s’agit maintenant de tout améliorer dans votre existence, tout renouveler, tout ressusciter et marcher vers l’immensité, vous consacrer au travail de la collectivité. Et ne m’objectez pas que vous avez une famille, des enfants, et que ça vous empêche de vous consacrer à ce travail. C’est justement cette idée de la fraternité qui vous aidera à éduquer vos enfants : ils vous admireront, vous suivront, vous défendront, car vous serez un modèle pour eux.
Souvent les enfants rendent leurs parents malheureux parce qu’inconsciemment ils leur reprochent de les avoir éduqués d’une manière trop étriquée, de ne pas leur avoir montré le chemin de la grandeur, de la lumière. Les parents ne pensent souvent qu’à améliorer le confort matériel de leurs enfants, sans rien faire pour épanouir leur esprit, qui étouffe et se révolte. Je ne dis pas que les parents sont seuls fautifs, non, mais ils ont là une grande part de responsabilité…
Les êtres ont besoin d’une nourriture spirituelle et ils finiront par vous abandonner si vous n’êtes pas capables de la leur donner.

 

Oeuvres Complètes, tome XXV, chap. II
7 - Famille universelle
Le plus grand élargissement de la conscience, c’est de savoir, de sentir qu’au-delà de sa propre famille – celle à laquelle on appartient déjà et celle qu’on veut fonder – on est un membre de la grande famille universelle des créatures de Dieu, de s’en réjouir et de vouloir chaque jour travailler pour elle.

 

Oeuvres Complètes – t. 19 (éd. 2007), 30 novembre

Retrouvez d’autres extraits sur le soleil dans la page Activités

Retrouvez les autres rubriques sur l’Enseignement.