Le Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov a largement développé et détaillé le sujet sur la pensée, ici nous ne faisons que donner quelques grandes lignes.
La pensée est bien plus qu’une simple faculté intellectuelle qui nous sert à réfléchir, à comprendre, à connaître. Les Initiés nous parlent d’une vibration, d’une force, d’une énergie extrêmement subtile qui travaille dans une région très éloignée du plan physique : le plan mental supérieur ou plan causal. La pensée nous permet seulement de considérer les éléments du travail à exécuter, le problème à résoudre, mais elle ne peut pas toucher directement le plan physique. Elle a besoin d’un intermédiaire qui est le sentiment, c’est-à-dire le goût, l’intérêt, l’amour pour la tâche à accomplir dans la matière. Ensuite intervient la volonté : nous décidons de nous mettre au travail pour réaliser cette tâche, ce projet, sans l’abandonner en cours de route.
Observons par exemple ce qui se passe lorsque nous voulons prendre un objet : qui est-ce qui agit en premier ? C’est notre pensée, c’est elle qui conçoit cette idée. Ensuite, renforcée par le désir, elle pousse notre volonté à réaliser cette idée en utilisant notre bras, dernier intermédiaire. À l’inverse, si nous n’avons aucune pensée, aucun désir devant cet objet, notre bras restera inactif. C’est dans ce sens que les Sages nous parlent de la puissance de la pensée.
Pour expérimenter cette force spirituelle, des exercices seront nécessaires : nous dégager des préoccupations ordinaires qui viennent nous distraire… introduire en nous un rythme, une paix, une lumière. Au moment où nous sommes parvenus à maîtriser et à concentrer notre pensée, nous pouvons l’orienter dans la direction et le sujet que nous souhaitons : une image, une vertu, la santé, la beauté, l’harmonie, etc… Elle peut alors commencer son travail, c’est-à-dire ordonner, organiser, harmoniser les éléments, les courants en nous et autour de nous, aller chercher des matériaux dont elle a besoin pour leur réalisation.
Souvent, ce qui nous empêche de comprendre les effets de nos pensées et de nos sentiments, c’est que ces effets ne sont pas immédiats. Il nous arrive même de douter, de ne plus croire en eux parce que nous ne voyons pas de résultat. Si nous nous donnons la peine d’observer et de vérifier comment la nature procède, nous saurons que tout finit par se réaliser et se condenser, à l’exemple des cristaux de sel marin qui apparaissent dans les salines sous l’effet de la chaleur.
Le monde de la pensée nous met en contact avec les forces subtiles du monde invisible. C’est dans la pensée que les choses se créent, c’est dans le monde spirituel que nous sommes véritablement créateurs. Nous avons donc à notre disposition un outil puissant pour nous transformer, modifier et façonner nos impulsions intérieures grâce à notre volonté, notre pensée, notre esprit. Pour nous aider, la concentration, la méditation sont des exercices qui nous mènent à la maîtrise et à la connaissance de soi, au développement des qualités et vertus déposées en nous, telles des graines divines prêtes à germer.
La prière est aussi une création. Lorsque nous arrivons à créer en nous le silence et la paix pour prier, nous nous retirons dans notre chambre secrète qui est en réalité un état de conscience supérieur jusqu’où nous avons réussi à nous élever. Nous attirons alors des éléments des régions célestes, nous établissons un lien avec l’Être le plus sublime qui est l’immensité, l’infini, pour nous imprégner de son amour, de sa lumière, de sa force et vivre un moment dans son éternité. Par la prière nous ramenons, ici dans ce monde où nous vivons, des particules puissantes et lumineuses qui viendront tout purifier, éclairer, guérir en nous et, même à notre insu, influencer tous ceux qui nous entourent.
La science des Initiés mentionne deux tendances, deux natures chez l’être humain : une nature instinctive issue de vieilles influences héritées d’un passé très lointain, attachée à la matière, à la vie physique, à la dualité et à ses innombrables facettes – notre égo, notre petit moi ; et une nature spirituelle à la recherche du monde de l’unité, du principe immortel – l’esprit, notre véritable Moi.
La vie physique est basée sur les cinq sens : la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût et le toucher ; et nous cherchons à profiter le plus possible des sensations que peuvent nous procurer nos yeux, nos oreilles, notre peau, etc… Pourtant, quelle que soit l’évolution de ces sens, ils resteront toujours limités parce qu’ils appartiennent au plan matériel, tangible et concret. Nous nous imaginons que toute la vie est là, mais c’est une vie qui cache la vraie vie, la véritable compréhension, la véritable intuition. La vraie vie est en nous-même, avec ce qui est le plus subtil, avec ses trésors, ses richesses et toutes les sensations d’une autre qualité.
Ces deux natures ont les mêmes facultés de penser, de sentir et d’agir, mais dans deux directions opposées.
La personnalité est combative, tenace, elle a permis à l’être humain de résister aux agressions, aux obstacles rencontrés sur son chemin depuis des millénaires. C’est pourquoi maintenant il est si difficile de la dompter, elle est toujours là pour que l’on fasse attention à elle, c’est une travailleuse infatigable, prête à manifester ses besoins de domination, assouvir ses convoitises et satisfaire ses ambitions.
L’individualité est d’essence surnaturelle, elle habite les régions sublimes où elle jouit de la plus grande liberté, de la plus grande lumière, elle est dans le bonheur et dans la paix, elle possède tous les pouvoirs. Ces deux natures coexistent en nous tous, les deux cherchent également à se faire entendre, et c’est à nous d’apprendre à discerner leur voix.
La tendance qui caractérise la personnalité c’est de prendre, de garder pour elle ; alors que la qualité fondamentale de l’individualité c’est de donner : elle veut éclairer, jaillir, rayonner avec générosité et abnégation comme fait le soleil. Elle ne pense qu’à aider, soutenir, projeter quelque chose d’elle-même, elle cherche à connaître les projets du Ciel pour pouvoir les réaliser.
L’accès à notre Moi supérieur n’est possible que si nous changeons de plan de conscience. La réalité que nous percevons grâce à nos organes des sens physiques (le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue) n’est pas celle que nous percevons grâce à nos organes des sens spirituels : l’aura, le plexus solaire, le centre Hara, les chakras. Ce sont deux mondes différents dont la connaissance nécessite des « instruments » différents que nous devons apprendre à utiliser. Il a été dit : « Connais-toi toi-même ». Or la véritable connaissance de soi, c’est de se connaître en haut, afin de sentir qui on est en réalité : une parcelle de la Divinité.
Pour trouver un équilibre dans notre vie, nous devons idéalement redonner à l’esprit et à la matière leur place respective : accepter la matière, mais la rendre soumise et obéissante à l’esprit. La matière c’est le corps physique, le monde des possessions, des affaires, et puisque ce monde a été créé, c’est qu’il est nécessaire en vue d’un certain travail. Seul cet équilibre pourra nous redonner la santé, la beauté, la force, le bonheur, à condition de donner la priorité à l’esprit plutôt qu’à la matière. Celle-ci est dominée par notre nature instinctive qui n’est pas facile à maîtriser, et si nous essayons de lutter seul contre elle, c’est toujours elle qui aura la victoire. Sa vertu essentielle est d’avoir assuré la survie et le développement de l’espèce humaine depuis l’aube des temps ; elle a dû développer tellement d’énergies pour survivre qu’elle ne s’incline maintenant que devant le monde divin.
Chaque fois que nous refusons de nous laisser influencer par notre nature instinctive et personnelle, nous alimentons en nous le feu de l’esprit, nous devenons plus vivant, et cette vie finit même par apparaître comme une lumière sur notre visage. La « personnalité » n’est pas une réalité éternelle, elle est seulement un reflet fugitif de notre vrai Moi, dont le facteur le plus puissant de la formation est l’esprit. L’esprit cherche toujours à influencer la personnalité dans le bon sens, il lui conseille d’être plus raisonnable, plus sage, et parfois il lui adresse aussi des reproches. Sans doute cette voix s’exprime-t-elle plus rarement et plus doucement, mais elle est là, on ne peut pas le nier.
Si nous écoutons cette voix, nous nous lançons dans un travail formidable de transformation, jusqu’au jour où les deux natures fusionneront en une seule entité parfaite. En attendant, notre vie est une alternance d’intuitions lumineuses, et de nuages qui viennent obscurcir notre ciel intérieur et nous limiter, puis de nouvelles éclaircies et de nouveaux éblouissements…
La personnalité est la tendance égocentrique qui entraîne toujours notre conscience vers l’illusion de la séparativité :
L’individualité, au contraire, nous guide vers « la vraie réalité », qui est unité :
La vie individuelle doit préparer les conditions pour la vie collective, la vie cosmique, universelle. Une fois que nous nous sommes harmonieusement développé, nous entrons comme membre de la collectivité pour la faire bénéficier de nos dons. Et nous ne perdrons rien de nos acquisitions, au contraire, c’est à ce moment-là que nous deviendrons réellement puissant.
Jamais le monde ne se transformera tant que chacun se contentera de se développer et de s’enrichir dans son coin. Nous devons tous nous unir dans le but unique de créer une formidable puissance spirituelle pour réaliser la paix et le bonheur de tous les êtres sur la terre.